TRIBUNE : Christophe Bouillon

Mis à jour : 28 août 2020

Christophe Bouillon est Président de l'Association des petites villes de France (APVF)


Crise sanitaire : les maires en première ligne

Alors que la planète traverse une crise sanitaire sans précédent, nos concitoyens font preuve d’une résilience incroyable. Dans leur immense majorité, ils respectent strictement les mesures de confinement et de distanciation sociale décidées par le Gouvernement. Les applaudissements désormais quotidiens aux fenêtres à 20h traduisent cette résilience. Une manière de remercier tous ceux qui, dans ce contexte, sauvent des vies et permettent à notre pays de continuer à fonctionner. Ces applaudissements s’adressent aux médecins, aux infirmiers, aux aides-soignants, mais aussi aux cassiers, aux éboueurs, aux agriculteurs, aux policiers …

Ils ne sont pourtant pas les seuls à jouer un rôle majeur dans la gestion de cette crise. Les maires, notamment dans les petites villes, sont en première ligne.

En quelques jours, les maires ont dû s’organiser pour veiller au respect des mesures de confinement sur le territoire de leur commune. En tant qu’employeurs, ils ont également dû protéger les agents publics en mettant en œuvre le télétravaille lorsque cela est possible. Les communes assurent cependant des missions de service public essentielles. Elles ne pouvaient donc pas se contenter de « fermer le rideau » et d’attendre la fin du confinement.

Les maires ont d’abord dû fermer au public l’ensemble des établissements municipaux. Ils ont également dû mettre en place des cellules de crise pour assurer la continuité de certains services indispensables comme les services d’état civil qui enregistrent les naissances et les décès ou la collecte des ordures ménagères. Dans les communes disposants d’une police municipale, il a aussi fallu organiser la complémentarité des actions entre les agents municipaux et les forces de sécurité de l’Etat.


Les injonctions parfois paradoxales des services de l’Etat ont pu mettre en difficulté les maires. Alors que les communes mettaient en place des mesures drastiques pour sécuriser les marchés, le Gouvernement a finalement décidé de les fermer. De même, alors que les maires tentaient de faire respecter strictement les règles de confinement, plusieurs secteurs d’activité étaient appelés à poursuivre le travail.

Il a aussi et surtout fallu organiser la solidarité localement. Depuis le début, les élus locaux ne comptent pas leurs heures pour informer et rassurer leurs administrés. La plupart des communes ont mis en place une procédure pour contacter très régulièrement les habitants les plus vulnérables. De même, des livraisons de courses et de repas sont organisées par les services municipaux. Les maires tentent également de soutenir les entreprises locales et les petits producteurs. Des services municipaux de gardes d’enfants pour les personnels soignants sont organisés. Certaines communes ont également décidé de livrer du matériel numérique, notamment pour permettre aux enfants d’étudier à distance.

L’heure est à la mobilisation générale de tous les acteurs pour permettre à notre pays de traverser cette catastrophe sanitaire. Nous devrons rapidement trouver les réponses adaptées à la crise économique sans précédent qui s’annonce et qui risque de toucher de plein fouet les petites et moyennes entreprises. Il faudra, le moment venu, tirer les enseignements de cette crise inédite. Sur le plan local, si la dématérialisation des démarches a progressé ces dernières années, toutes les collectivités locales n’étaient pas nécessairement préparées à un télétravail massif de la quasi-totalité des agents. Elles ont dû bouleverser très rapidement leur organisation du travail et ne disposaient parfois pas de suffisamment d’ordinateurs portables ou d’outils numériques pour mettre en œuvre les choses correctement. Sur le plan national, c’est la présence des services publics et de l’Etat sur l’ensemble des territoires qui devra être questionnée.