Il est Maireveilleux

Rencontre avec Christopher VARIN Maire de Varangéville

Christopher VARIN Maire de Varangéville

Pourquoi et comment s’engager dans votre fonction ?

Je pense que c’est d’abord une affaire de personnalité. Lorsque vous sortez du confort de l’anonymat pour vous soumettre à une élection c’est une histoire de caractère qui détermine l’élu que vous allez être. Ce qui m’a poussé à m’engager pour Varangéville et mon territoire c’est le goût de l'avenir, cette volonté d’aller de l'avant, d’avancer toujours et de ne jamais me reposer sur mes lauriers. On m’a toujours appris que lorsqu’on a cessé de vouloir devenir meilleur c’est qu’on est déjà devenu mauvais. J’applique ceci dans ma vie de tous les jours et je pense que c’est essentiel pour un élu d’être conscient qu’il a toujours la capacité d’améliorer quelque chose.


Ma vocation d’élu est née comme ça. Je me suis surpris un soir sur mon canapé à critiquer ce que je voyais passer dans les médias. Je n’étais jamais satisfait. Je m’en suis rendu compte et finalement je me suis senti un peu bête. Se contenter de critiquer des gens qui essayent de faire des choses, qui font de leur mieux pour servir l’intérêt général en restant moi-même inactif est rapidement devenu un comportement que je ne souhaitais plus avoir.


J’ai voulu m’engager pour ma commune, à Varangéville, j’ai voulu faire des choses et utiliser mon temps pour tenter d’améliorer ce que je pouvais améliorer. C’est à cet instant que je suis passé du stade du commentateur inactif à celui d’acteur de la vie publique. Et j’avoue que ça correspond d’avantage à l’idée que je me fais de la vie. Utiliser chaque seconde et chaque minute pour faire quelque chose d’utile pour l’intérêt général.


J’ai en moi ce besoin d’agir au quotidien pour ne pas subir. Je fais partie de ceux qui pensent que lorsqu’on est élu on n’a pas été choisi pour dire qu’on n’y est pour rien, ou que ce n’est pas de notre ressort ou que c’est compliqué. Tout est compliqué pour nos concitoyens au quotidien, notre mission est de leur simplifier la tâche, de les accompagner et de trouver des solutions aux problèmes qui se posent.


L’engagement dans mes fonctions est teinté de volontarisme. J’essaye toujours d’utiliser mon énergie et mon temps pour trouver des solutions. Il n’y a rien de pire pour un administré que de se trouver devant un élu qui baisse les bras ou qui fait preuve de fatalisme. Je cherche toujours les marges de manœuvre qui me permettent de refuser de subir fatalement les choses.


Qu’est-ce que l’engagement républicain pour vous ?

Je pense que nous sommes détenteurs de notre destin. Nous avons tous notre avenir entre nos mains et j’aime m’investir pour l’orienter, contribuer à construire une société meilleure à transmettre à nos enfants plutôt que de laisser le pessimisme généralisé s’installer. Nous devons donner de l’espoir. C’est la mission première des élus de la république : donner de l’espoir…


C’est difficile de réorganiser une société où tout devient compliqué, surtout quand la politique est autant décriée. Mais je pense qu’on peut faire de la politique différemment. Si nos concitoyens sont autant en colère contre le monde politique ce n’est pas parce qu’ils pensent qu’on n’y peut rien, c’est justement parce qu’ils pensent que les élus peuvent et doivent changer les choses.


Je dirais donc qu’en 2020/2021 l’engagement républicain consiste à s’affranchir des contingences politiques. Les citoyens en ont assez de voir des combats de gladiateurs médiatiques. Ce qu’ils veulent réellement c’est que la politique leur change positivement la vie. Qu’on sorte de la spirale infernale du déclassement et des crises à répétition.


Nous devons reconnecter notre conception politique des choses aux grands enjeux du XXIème siècle : reconvertir notre économie pour qu’elle réponde aux besoins du monde d’aujourd’hui et de demain, prendre en considération les grands enjeux climatiques en sortant du dogme permanent et surtout, surtout, inventer et maîtriser les technologies qui nous permettront d’y arriver. Tout ceci n’est pas une histoire de gauche ou de droite, d’ancien monde ou de nouveau monde. C’est juste une histoire de pragmatisme et de logique. Répondons de manière responsable aux attentes et aux inquiétudes légitimes des citoyens du monde d’aujourd’hui et affranchissons nous des querelles qui datent du siècle précédent.


Qu’est-ce qui vous passionne le plus ?

Il y a deux choses qui me procurent de la satisfaction au quotidien. La première consiste à répondre correctement aux attentes de mes concitoyens. Lorsqu’on est maire on accueille tout le monde, l’entrepreneur acteur de la vie économique locale, les personnes en difficulté professionnelle ou sociale en passant par le citoyen dit de la « classe moyenne » qui n’arrive pas à joindre les deux bouts à la fin du mois parce que les temps sont durs. C’est le lien humain qui me passionne avant tout. L’idée de pouvoir aider et de pouvoir améliorer la vie de chacun de mes interlocuteurs.

Mais ce qui me fait également vibrer c’est la capacité de faire bouger les lignes sur les dossiers compliqués. A Varangéville c’est l’urbanisme et la mine de sel qui occupent mon temps ainsi que la lutte contre les inondations. Ces dossiers ne sont pas évidents, ils demandent des années de travail, parfois des dizaines d’années. Ce qui me fera vibrer ce sera de voir la satisfaction dans le regard des Varangévillois le jour où nous aurons remporté des victoires dans ces dossiers difficile. Vaincre la difficulté c’est passionnant.


Le journal étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez-vous un message à adresser ?

On entend partout que les temps sont durs pour les élus ou pour les territoires. On nous parle d’un état de crise permanent. J’invite ceux qui me lisent à prendre un peu de recul par rapport au quotidien et à se dire que nous ne sommes pas dans un monde en crise, nous sommes dans un monde en mutation technologique, sociétale, environnementale, économique… C’est à nous d’inventer le nouveau monde que nous concitoyens appellent de leurs vœux et qui leur procurera stabilité et sérénité. C’est comme ça que nous rétablirons la confiance entre les citoyens et la politique au sens noble du terme.


LA REDACTION