Grand entretien Thierry Saurat,

Mis à jour : 18 nov. 2020

Thierry Saurat est directeur de la communication de la de Ville de Sainte-Luce-sur-Loire (Nantes Métropole. 16 000 habitants).

Il est formateur en écriture journalistique et formule de presse (CNFPT/CAPCOM) et co-auteur de « Réussir son journal municipal » et « Réussir sa communication sur le développement durable » (Territorial Éditions)


Pourquoi et comment s’engager en tant que directeur communication ?


Exercer un métier repose souvent sur la multiplicité des chemins de vie. En même temps, rien n’arrive vraiment par hasard… En ce qui me concerne, j’ai mené une carrière de journaliste avant de devenir responsable puis directeur de la communication dans une collectivité territoriale. J’ai exercé ces deux fonctions, à la fois proches et dissemblables, avec les mêmes objectifs et les mêmes convictions : accompagner le public pour mieux comprendre un monde complexe, faire connaître les initiatives de toutes celles et ceux qui font que l’on vit mieux ensemble, créer du lien, rapprocher, fabriquer du « commun ». La différence entre le métier de journaliste et celui de communicant public fait que l’on passe de celui d’observateur à celui d’acteur de la société. Et cela me convient bien !


Qu’est ce que l’engagement républicain pour vous ?


La désaffection progressive des urnes montre que beaucoup de nos concitoyens oublient la chance unique que nous avons de vivre en République. Or, c’est un privilège incroyable, que nous envient bon nombre de personnes dans le monde. Pour ma part, l’engagement républicain, c’est faire résonner au quotidien, comme professionnel et comme être humain, les notions de liberté, égalité et fraternité. Ce qui, concrètement, n’est pas si simple dans une période où beaucoup revendiquent leurs droits et oublient les devoirs qui vont avec. L’engagement républicain, c’est aussi pour moi contribuer par tous les moyens à une société de tolérance, de respect des différences, de compréhension mutuelle, d’entraide. Être républicain, c’est enfin résister aux facilités des Fake News et du populisme, appréhender le monde dans sa complexité et dans sa richesse, c’est se rappeler la chance que nous avons de vivre en démocratie sans céder au défaitisme ambiant.


Qu’est qui vous passionne le plus ?


L’exercice quotidien de mon métier dans toutes ses dimensions, relationnelles et techniques. Mener de nouveaux projets, défricher de nouveaux champs avec mon équipe. Les nouvelles technologies, dont je connais les limites et les défauts, sont aussi une nouvelle frontière passionnante, un nouveau Far West dont nous sommes les pionniers. Mais je crois que ce qui me passionne encore davantage, c’est de contribuer, par une action de communication, un article, une campagne, une publication ou tout simplement un échange, à une société un peu plus apaisée dans un monde de plus en plus défiant.


Avez-vous un message à adresser ?


Je préfère partager ces quelques considérations, convictions et réflexions : je crois que notre société et notre monde sont dans un temps de tumulte, de crainte, de défiance envers les acteurs publics, de colère aussi. Les communicants, aux côtés des élus et de tous les acteurs du territoire, ont un rôle à jouer pour une société de confiance (ce qui ne veut pas dire sans débat…), en travaillant et agissant avec humilité, en racontant de façon simple mais non simpliste l’action des acteurs publics, la complexité et les nuances du monde. Je préfère d’ailleurs parler d’information et de relation, la communication étant devenue synonyme d’artifice, de « mensonge », ce qu’elle ne doit surtout pas être. Oui, la bonne com’ pour moi, c’est de contribuer à mieux mettre en relation, en n’oubliant personne…


La rédaction

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