Grand entretien Thibaut Gripoix

Thibaut Gripoix est chef de cabinet à la mairie de Maisons Laffitte


CREDITS PHOTOS EDITH FISCHOF


Pourquoi et comment s'engager dans votre métier ?

Plus qu’un métier, il s’agit pour moi d’une véritable vocation. Fils d’une mère professeur de lycée et d’un père psychologue en milieu hospitalier j’ai appris très tôt ce qu’était l’essence et la finalité même du service public. Ayant toujours eu un grand intérêt pour la chose publique et les questions locales, je me suis engagé dès mon plus jeune âge dans le milieu politique et associatif.

Etre chef de cabinet est une fonction qui demande une professionnalisation et une technicité que l’on acquiert à travers des masters spécialisés dans le métier politique et la gestion des collectivités territoriales. Avoir une appartenance politique est un atout non négligeable pour débuter sa carrière.

Qu'est ce que l'engagement républicain pour vous ?

L’engagement républicain c’est avant tout l’adhésion à des symboles et des valeurs qui fondent notre République, qui rassemblent l’ensemble des Français quelles que soient leur religion, leur catégorie sociale, leur origine sur un projet commun du vouloir vivre ensemble.

Il est de notre devoir d'élu de le défendre avec force.

Qu'est ce qui vous passionne le plus ?

La pluralité de mes fonctions en tant que chef de cabinet. Accompagner les décideurs politiques dans le domaine des relations institutionnelles, en articulant la définition des objectifs stratégiques et leur mise en œuvre par l’expertise-conseil, la stratégie de communication, les relations publiques, le pilotage de projets, la gestion d’équipe.

Servir mes concitoyens en tant qu’élu local. Les aider à résoudre leurs problèmes, les accompagner dans leurs démarches, leur faire prendre conscience de l’importance et le rôle des collectivités locales dans leur vie quotidienne.

Tout ceci m’a conduit à publier un ouvrage intitulé "Allo Monsieur le Maire ?" en 2019 sur la fonction de Maire et la place des communes dans notre République Française.

Le propre de l'élu est de faire face, de ne pas subir. Telle a toujours été ma conception de l'action publique.

Ce Magazine étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez vous un message à adresser ?

Je souhaiterais passer un message à tous les nouveaux maires. Le service public ne peut devenir concurrentiel ou rentable, car il est en dehors des lois du marché. Les valeurs du service public ne sont pas celles du CAC 40, et doivent rester justes et universelles. On ne gère pas une collectivité territoriale comme une entreprise privée. Une entreprise cherche le profit, là où la collectivité rend des services au public, tout en étant, bien sûr, soucieuse des deniers publics.

Un maire ne peut se substituer au directeur général des services et inversement. C’est le maire qui est le patron. Les services préparent, instruisent, exécutent les décisions émanant du pouvoir politique. Ils émettent des hypothèses sur les projets.

Pour une efficacité optimum, chacun doit rester à sa place en trouvant le bon équilibre.

Les élus peuvent demander beaucoup aux agents territoriaux qui sont conscients des sacrifices qu’on leur demande, diminution drastique des effectifs, gel du point d’indice... On ne choisit pas d’embrasser la fonction publique pour faire fortune. Nos agents aiment leur travail, leur ville et leurs habitants. Un grand nombre d’entre eux vivent dans la ville où ils travaillent.

Sans leurs actions, point de service public pour le bien de tous. Ils sont les véritables chevilles ouvrières du service public.

Elus et cadres territoriaux ont en commun d'avoir fait le choix de l’engagement. L’engagement de servir leur ville, leurs habitants, la République.

Ensemble, ils sont le maillon essentiel du service public.


La rédaction

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