Grand Entretien avec Thomas GOLLÉ - DGS

Thomas GOLLÉ est Directeur Général des Service, de la Communauté de communes de la Vallée de Saint-Amarin


Pourquoi et comment s'engager en tant que DGS ?


On ne peut diriger une administration que si on est animé d’une réelle volonté de servir l’intérêt général à mon sens. Sans valeurs du service public, on ne peut pas comprendre les attentes des usagers. Par ailleurs, on ne peut pas servir convenablement nos élus si on n’a pas d’affinités pour le monde politique car le 1er collaborateur du chef de l’exécutif dans n’importe quelle collectivité territoriale, c’est bien le DGS et non le Directeur de Cabinet. Un DGS doit pouvoir comprendre facilement les attentes politiques de ses élus afin de les retranscrire aux mieux dans les actes administratifs. Les DGS ont donc une double casquette, à la fois politique et administrative et il faut trouver le bon équilibre : un DGS trop administratif ne cernera pas les enjeux de ses élus et ne remplira pas les objectifs et, a contrario, un DGS trop politique ne fera pas adhérer l’ensemble de ses services aux projets d’administration et rencontrera des blocages. C’est donc une mission enrichissante et complexe qui permet de conduire de beaux projets au profit de tous.


Ayant travaillé en Cabinet, été élu local et exercé pendant 15 ans des responsabilités politiques diverses tout en ayant une formation administrative, je pense que ces deux aspects m’aident grandement au quotidien dans les fonctions que j’occupe.


Qu'est-ce que l'engagement républicain pour vous ?


C’est avant tout un engagement civique, empreint d’humanisme, au service de l’intérêt général avec un sentiment d’appartenance à la Nation via des valeurs et des symboles communs. Cet engagement, à mon sens, doit reposer sur un projet commun et partagé qui fédère les citoyens au-delà de toute différence sociale, territoriale, religieuse et ethnique.


Cet engagement républicain ne se réalise pas uniquement via un mandat d’élu ou du bénévolat associatif mais également au travers de la fonction publique car les métiers que nous exerçons ainsi que les obligations qui pèsent sur les fonctionnaires sont étroitement liés aux valeurs de notre république : désintéressement, intérêt général, neutralité entre autres.


Qu'est-ce qui vous passionne le plus ?


Certainement l’initiative de projets. En effet, ce qui me manquait le plus à l’Etat, c’est l’esprit d’initiative : hormis les préfets et les sous-préfets, rares sont les directions régionales de l’Etat à prendre l’initiative sur certains projets alors que les collectivités territoriales sont force de propositions en la matière. C’est d’ailleurs leur raison d’être : développer le territoire pour le rendre plus attractif. Au sein des fonctions que j’occupe actuellement à la CCVSA, c’est une des priorités du mandat fixée par le nouveau président : développer le tourisme et les services aux entreprises pour rendre de l’attractivité au territoire. C’est toujours plaisant d’être force de proposition, de suivre un dossier de sa genèse jusqu’à son aboutissement et de pouvoir mesurer et constater directement ses effets sur le territoire.


Ce Magazine étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez-vous un message à adresser ?


On a souvent tendance à vouloir opposer élus et cadres de l’administration territoriale. Or, c’est le meilleur moyen de ne pas faire avancer un territoire ! Le dialogue doit exister entre ces deux mondes et c’est le rôle du DGS. Le dialogue doit exister en permanence entre l’élu et son DGS afin de savoir prendre le temps de trouver les solutions pour que les décisions politiques s’inscrivent dans un cadre légal. Les DGS sont, en effet, parfois amenés à dire « non » et pas dans le but de bloquer mais d’assurer la sécurité juridique de la collectivité et, plus important encore, de préserver la sécurité pénale de l’élu surtout dans un contexte où les normes ont pris davantage de poids et où les préfectures exercent de plus en plus leur contrôle de légalité y compris sur les recrutements.


Dès l’instant où l’on expose clairement le but politique poursuivi, il existe toujours une solution légale pour y parvenir. Les blocages naissent généralement d’incompréhensions mutuelles et pas de la volonté de mal faire. Comme dans toutes interactions humaines, le dialogue est toujours la solution.


La rédaction