Grand entretien avec Pierrick WHITE

Pierrick WHITE est Chef de Cabinet de la MairIe de la Ville de Creil.


Pourquoi et comment s'engager dans votre métier ?


La fonction de collaborateur est une fonctionnement éminemment liée à la fonction politique. Il s’agit d’une fonction qui est régie par la seule volonté et aux attentes de l’élu avec lequel vous collaborez. Selon ses appétences, son programme politique mais aussi les missions qu’il souhaite confier à son collaborateur, l’élu peut privilégier un profil par rapport à un autre.

La majorité des collaborateurs d’élu sont, pour la majorité comme moi, toutes et tous militants d’un parti politique et défendent des valeurs qui leurs permettent d’avoir des convictions proches des élus pour lesquels ils peuvent collaborer.

De mon côté, ma volonté de travailler auprès d’élus locaux est née après ma première campagne aux élections municipales. En 2012, à tout juste 18 ans, alors étudiant en licence de communication, j’ai pu assister un candidat aux élections municipales à Chaumont, ma ville natale. J’ai de suite accroché à cette nécessité de préparer le terrain pour le candidat en réfléchissant à la stratégie collective. A la fin de cette période, j’ai orienté mon parcours vers un cursus plus politique afin d’avoir une formation à la fois généraliste mais aussi qui me donnerait les clés de compréhension de la fonction politique et de ses rouages.

Depuis 2012 et mon premier poste, ma conviction première est d’apporter ma contribution au projet politique porté par la collectivité. Le collaborateur de cabinet est celui qui accompagne l’équipe avec laquelle il collabore et surtout c’est celui qui doit apporter des éléments factuels d’aide à la décision. Très souvent, l’élu local a peu de temps et doit prendre des décisions qui impactent la collectivité locale et son territoire sur le moyen ou long terme.

Etre collaborateur, c’est se projeter en apportant des données, des retours d’expériences auprès d’autres collectivités afin de donner toutes les données nécessaires à la compréhension d’un dossier.

Etre collaborateur c’est surtout faire preuve de fidélité car c’est un poste qui oblige à la discrétion des informations dont on dispose et qui nécessite une grande disponibilité afin d’être prêt à parer à toutes les situations.

C’est plus qu’un simple emploi : c’est un engagement plein et entier aux côtés de l’équipe politique que l’on rejoint. On ne quitte jamais la peau d’un chef de Cabinet : tout est rapporté à notre mission, à nos élus.

C’est toute cette facette du métier qui m’a conduit, après différentes expériences, à être nommé Chef de Cabinet après les dernières élections municipales.


Qu'est-ce que l'engagement républicain pour vous ?


L’engagement républicain c’est servir une collectivité avec comme volonté l’intérêt général au sens noble du terme. A travers cela, c’est servir les valeurs de la République, inscrites sur le fronton des Mairies (Liberté, égalité, fraternité) à laquelle j’ajouterai la laïcité qui doit être défendue. Occuper des fonctions de collaborateurs de cabinet c’est donc en quelque sorte avoir un engagement républicain : nous exerçons nos fonctions, comme toutes personnes dans ce pays, en respectant les principes et loi de la République.

Pour ma part, en ma qualité de chef de cabinet d’une collectivité de plus de 20 000 habitants, j’ai dû réaliser une déclaration de patrimoine et d’intérêt dernièrement à ma prise de fonction. C’est un engagement moral face à la République et je crois au fait que toutes les dispositions qui peuvent renforcer cela vont dans le bon sens.


Qu'est-ce qui vous passionne le plus ?


Le plus passionnant dans ma vie professionnelle réside dans la diversité des missions toujours avec comme seul fil conducteur : la réussite du mandat de l’équipe ou de l’élu et l’intérêt collectif. Un collaborateur peut enchaîner des missions très différents sur des domaines à l’opposé les uns des autres. Il est impossible d’avoir une journée type : il m’arrive de débuter par des rendez-vous d’administrés, pour ensuite enchaîner sur un point éducation, sport ou sécurité aux côtés d’un élu puis poursuivre sur des questions de stratégie politique et finir la journée par une réunion publique sur un sujet précis.

Nous avons, comme les services, des rendez-vous annuels qui sont des traditions dans le milieu des collectivités comme les vœux de début d’année, les réunions de concertation avec la population, les rendez-vous avec les seniors, ... Pour le reste notre activité dépend du projet politique porté par l’élu qui nous emploie et des faits du quotidien. Cela est très motivant et permet de ne pas avoir de routine qui s’installe. C’est une remise en cause permanente pour rester performant et répondre aux attentes des équipes et des habitants.

4) Ce journal étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez-vous un message à adresser ?

Les collectivités locales, chacune à leur niveau, sont des structures très importantes pour l’ensemble des habitants. Il s’agit souvent des derniers remparts pour les plus fragiles d’entre eux face à l’isolement, la totale précarité. Leur travail est très important à tous les niveaux et j’espère que le Gouvernement en prendra (un jour) pleinement conscience. Avec la COVID-19, nous avons vu un certain nombre de demandes de prise en charge par les collectivités de l’exécutif mais il faut y ajouter les moyens nécessaires pour que chacun puisse mener ses missions convenablement et répondre aux besoins des populations.

Les collectivités locales ont encore de belles histoires à écrire dans l’histoire de notre pays. Je crois beaucoup au partage d’expériences pour renforcer les politiques publiques dans tous les domaines. Je m’appuie, au quotidien, sur des réussites de la ville de Creil mais aussi d’autres villes pour faire grandir nos projets afin qu’ils répondent aux aspirations du plus grand nombre.

Il ne faut pas hésiter à s’en inspirer car chaque territoire peut compter sur des agents de qualité aux multiples compétences. C’est ainsi que chacun peut voir sa collectivité grandir en proposant toujours plus de services publics.


Quelques dates marquantes :

  • Né le 28 décembre 1989 à Chaumont (52)

  • 2010 : Licence de communication à l’UCO BS d’Arradon (56)

  • 2011 : Diplômé d’un Master en Gestion des Collectivités locales à IMPGT d’Aix-en-Provence (13)

  • 2012 : Diplômé d’un Master en Ingénierie Politique à l’IEP d’Aix-en-Provence (13)

  • 2012/2014 : Attaché parlementaire

  • 2014/2017 : Conseiller Technique au Cabinet de Jean-Claude Villemain – Maire de Creil (60) – Président de Creil Sud Oise

  • 2017/2019 : Responsable des partenariats publics à La Fédération Française d’Athlétisme

  • Septembre 2019 : Retour au cabinet de Jean-Claude Villemain

  • Depuis Juillet 2020 : Chef de Cabinet de Jean-Claude Villemain – Maire de Creil – Président de Creil Sud Oise

La rédaction