Grand entretien avec Pierrick Raude

Pierrick Raude est directeur général des services de la Communauté d'agglomération du Bassin d’Arcachon Nord.



Pourquoi et comment s'engager dans votre métier ?


Chacun doit trouver ses motivations profondes pour s’engager dans un métier qui demande un engagement fort. Participer à la modélisation d’un territoire, à la préparation de son avenir, à l’organisation de la vie de la cité, est porteur de beaucoup de sens pour moi. Les voies sont diverses, la voie principale étant le concours. Une fois le concours réussi, les fonctions de directeur général des services nécessitent un intérêt fort pour la diversité des dossiers mais aussi, aimer travailler avec les gens.



Qu'est ce que l'engagement républicain pour vous ?


Je trouve aujourd’hui que la crise est un révélateur de ce qui est indispensable à notre quotidien. Nous l’avons vu, la santé et les soignants sont apparus au premier plan de la gestion de la crise, ce qui est logique dans une crise sanitaire. On a ainsi « redécouvert » que lorsque l’eau coule en ouvrant son robinet, c’est qu’il y a derrière un service public et des entreprises pour que la magie opère. Même phénomène pour le ramassage des ordures ménagères ou les transports. Derrière tous ces services que l’on utilise au quotidien sans y penser parce qu'ils paraissent une évidence aujourd’hui, il y a des agents, une organisation, un service public. Et c’est surtout lorsque ces services menacent de s’arrêter que l’on se rappelle combien ils sont importants. L’engagement républicain, c’est cela, c’est avant tout s’occuper de la vie des gens au quotidien, au-delà des grands enjeux stratégiques ou trop théoriques qui animent parfois les débats.



Qu'est ce qui vous passionne le plus ?


Ce qui me passionne le plus, c’est la mise en lumière de faits pragmatiques, inscrits dans l’action, et qui répondent à des intérêts tangibles des usagers. On peut par exemple citer les attentes extrêmement fortes des usagers pour les déchetteries pendant la crise. L’engouement et les attentes ont été très marqués durant la période de confinement, et les pics de fréquentation n’ont pas baissé depuis. C’est à ce moment que l’on peut rappeler aux agents des déchetteries combien ils peuvent être fiers du service rendu. La gestion des situations personnelles est aussi quelque chose de passionnant. Rien de plus satisfaisant que d’aider un agent en difficulté et de lui remettre le pied à l’étrier lorsqu’il est dans une impasse professionnelle. Enfin, la résolution de cas complexes fait aussi partie des moments passionnants des journées du directeur général des services : un contrat de délégation de service public, la gestion d’un transfert de compétence, la gestion du dossier des 1607 heures. Bref, la diversité des dossiers fait que le quotidien n’est jamais le même.



Ce Magazine étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez vous un message à adresser ?


Je crois beaucoup à la coopération entre territoires et entre collectivités. La crise sanitaire a montré par exemple dans le champ du développement économique, que la Région jouait tout son rôle en matière de développement économique en lien étroit avec les EPCI. Et ce n’est pas nouveau, les bassins de vie ou d’activité économique, de déplacement, dépassent largement les frontières administratives des nos collectivités. La coopération a donc tout son sens dans la construction partagée des politiques publiques.


La rédaction.

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