Grand Entretien avec Michel Roux

Michel Roux est Premier Adjoint au Maire de la Ville de Salon-de-Provence et Vice Président de la Métropole d'Aix Marseille Provence


Pourquoi et comment s'engager en tant qu’adjoint au Maire ?

Ça fait très longtemps que je suis passionné par l’action publique qui est plus une vocation pour moi qu’un métier. J’ai eu un long parcours associatif. Tout d’abord dans des associations patrimoniales qui ont organisé beaucoup d’événements dans ma commune de Salon de Provence et j'ai ensuite eu un beau parcours dans l’économie sociale et solidaire au sein de la Croix-Rouge française. Avec des postes à responsabilité dans le secteur humanitaire. Cela m’a permis d’être encore au plus près de la population. Ces engagements associatifs ont toujours été au service de mon territoire et de ses habitants. Il était évident qu’un jour ou l’autre la vie politique serait l’aboutissement de ce parcours.

Ma vie de chef d’entreprise m’a également permis de toucher du doigt les atouts et les faiblesses de notre territoire provençal.

Qu'est ce que l'engagement républicain pour vous ?

Si l’idée de la République est fédératrice, on peut cependant voir quelques tensions apparaître. Une faible majorité des habitants a le sentiment d’appartenir à la République. Un Français sur deux place au même niveau nationalité française et appartenance à la République. Derrière ces chiffres, deux attitudes semblent se dégager : une développée par les personnes issues des catégories supérieures, plutôt âgées, plutôt urbaines portant positivement la République. Une autre, en miroir inversé, plus distante, vivant dans des territoires abandonnés ou loin des pôles de décisions.

Et la notion de territoire est importante. Aujourd’hui on s’engage plus pour des actions locales que nationales. Il y a un vrai retour vers la proximité. C’est pour cela que le maire ou l’élu local sont plébiscités dans toutes les enquêtes d’opinion. La crise sanitaire a montré les limites d’un état sur-centralisé. En comparaison des initiatives locales qui, plus légères, ont montré, avec efficacité, rapidement des résultats.

Une réforme administrative du fonctionnement de notre République devient plus qu’importante. Il faut redonner de l’autonomie aux collectivités locales dans leurs pouvoirs décisionnaires. Il n’est pas normal d’attendre pendant des années de l’Etat des décisions, pourtant simples, que l’on pourrait prendre rapidement localement.

Remarquons, enfin, que l’engagement manque de plus en plus d’idéologie. Le poids des partis politiques disparaît à chaque élection. On s’engage pour des actions qui apparaissent concrètes et dont le but personnel comme la mission collective peuvent s’appréhender comme un projet tangible.


Qu'est ce qui vous passionne le plus ?


L’action sur le terrain. Car c’est là que tout se joue. Et c’est face aux habitants que l’on réussit ou pas. C’est sur le terrain que l’on comprend les vraies attentes et les besoins des habitants. L’analyse des politiques publiques a souvent conduit à privilégier l’étape de la décision sur celle de la mise en œuvre. Or le rôle des élus de terrain est souvent déterminant dans la mise en place des politiques publiques. Ces derniers disposent d’une marge de manœuvre leur permettant de modifier, voire d’annuler la décision initiale. Et fort heureusement.

Ce journal étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez vous un message à adresser ?

Adresser un message serait bien présomptueux de ma part car, dans les collectivités, que cela soit les élus ou les agents, tout le monde est mobilisé pour gérer du mieux possible les évolutions de leurs territoires. Toutefois, la tâche des élus est de plus en plus risquée et démotivante devant le manque de soutien de l’Etat. C'est inquiétant, car cela traduit une vraie désillusion, une vraie fatigue et un sentiment que la fonction d'élu est dévalorisée. Et l’actualité récente qui a vu des élus locaux agressés violemment dans le cadre de leurs fonctions, sans aucune considération nationale, ne peut qu’accentuer cette inquiétude.

Il faut bien du courage pour exercer une telle vocation au service du bien commun. Les règles devront rapidement évoluer.

Bio Express

Né à Salon de Provence en 1961

Début jeune d’un parcours professionnel dans le monde de l’entreprise dés 1983

Engagement associatif tôt dés 1988

Président de la Croix Rouge française du Pays salonais en 2005

Élection au Conseil Municipal de Salon de Provence en 1995

Premier adjoint au maire de Salon de Provence, depuis 2014, réélu en 2020

Élection à là Vice Présidence de la Métropole Aix Marseille Provence en 2016, réélu en 2020.


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