Grand entretien avec Karine GAUTREAU

Karine GAUTREAU est directrice de la communication de la ville de Sarcelles



Pourquoi et comment s'engager dans votre métier ?

Communiquer c’est s’engager ! S’engager en l’occurrence pour une ville, ses habitants, et bien entendu son maire et son équipe municipale. S’engager au service d’un projet. Travailler l’image de la ville, contrer les clichés, faire évoluer les perceptions, y compris et avant tout celles de ses habitants. Tout ceci n’est pas réservé qu’à certaines communes !

La méthodologie adoptée a été simple : entrer dans l’univers Sarcellois, comprendre la ville, identifier ses forces, ses particularités. La seule méthode que je connaisse c’est de m’immerger dans la ville. J’ai passé beaucoup de temps à observer et à écouter les habitants de cette ville. Avant le premier confinement je prenais plaisir à entendre et regarder les habitants vivre dans leur ville, en prenant le maximum de distance avec mes propres croyances limitantes.

C'est en rencontrant de plus en plus de Sarcellois avec beaucoup de personnalité et de talents que j'ai souhaité réaliser "Visage(s) de Sarcelles", un format vidéo court qui valorise ces habitants

Qu'est-ce que l'engagement républicain pour vous ?

L’engagement républicain se traduit par une adhésion à des valeurs et à des symboles. Il repose sur un projet commun et un destin collectif rassemblant les citoyens au-delà de toute différence sociale, territoriale, religieuse et ethnique. L’un de ces symboles est gravé dans la pierre au fronton des écoles publiques : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ.

Si ici à Sarcelles la devise républicaine est bel et bien inscrite au fronton des écoles, sur l’une d’entre elle, cette devise a donné lieu à la création d’une œuvre de l’artiste urbain, pochoiriste français Christian Guémy alias C215.

C215 a fait des 27 enfants qui ont posé pour lui, le symbole d'une République forte, riche d’être devenue avec le temps multiple et multiculturelle, et qui protège les valeurs que porte l'école républicaine.

Le choix de venir travailler ici à Sarcelles n’est pas anodin. Ce choix est surtout lié à la personnalité de son maire Patrick Haddad et à la dynamique qu’il a enclenchée. À Sarcelles, la vie religieuse occupe une place importante. Nier ou rejeter ce phénomène serait passer à côté de la réalité de la ville. Le phénomène de communautés existe oui. Mais le maire travaille avec chacun, lui reconnaît son existence pleine et entière et sa citoyenneté, et il dialogue avec toutes et tous dans les Valeurs de la République. Ainsi, je ne connais pas d’autres villes où l’on organise un goûter à la grande synagogue comme à l’automne 2019 avec le maire et des mamans de confession musulmane de différents quartiers dans le cadre du Plan de Lutte contre le Racisme, l’Antisémitisme et les Discriminations (PLURADIS).

Qu'est-ce qui vous passionne le plus ?

(sourire) Il n’est pas facile d’être performant.e en communication publique, parce que tout le monde estime pouvoir faire mieux que vous. Pour citer le psychiatre Carl Gustav Jung, "réfléchir c’est difficile, c’est pourquoi la plupart des gens jugent", et donnent leur avis, évidemment sans légitimité professionnelle, et ce point de vue personnel, affectif et gratuit peut devenir une prise de position faisant autorité, du fait de la position hiérarchique de l’intéressé dans une organisation humaine. Indéniablement ce qui me passionne le plus c’est convaincre. Convaincre que les habitants de cette ville méritent le meilleur, ou au moins aussi bien que les habitants des villes voisines. Convaincre que la communication se pense de manière globale. Convaincre que la communication doit être associée en amont d’un projet et pas en dernier ressort.


Ce Magazine étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez-vous un message à adresser ?

Au cours de cette crise sanitaire inédite dans notre société moderne, les maires, leur cabinet, les équipes municipales, les agents territoriaux se sont révélés être les piliers essentiels en première ligne. Les élus locaux sont les acteurs de proximité pour gérer les effets et limiter autant que possible les conséquences de cette crise pour nos concitoyens. Sans conteste, nos élus locaux ont démontré leur capacité de mobilisation fonctionnelle comme stratégique dans la gestion de la crise. Très humblement je leur tire mon chapeau.

La rédaction

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