Grand Entretien avec Julien Perrin

Julien Perrin est Maire de la ville de Saint-Georges-de-Mons.



Comment et pourquoi avez-vous décidé de devenir maire à 26 ans ?

Originaire de la commune de Saint-Georges-de-Mons, commune de 2000 âmes où j’ai grandi, étudié et travaillé. Depuis mon plus jeune âge, je me suis toujours intéressé à la chose publique et j’ai toujours été très actif dans le milieu associatif avec un engagement dans plusieurs associations culturelles (musique, théâtre).

J’ai quitté mon village à la majorité, à mes 18 ans, prenant le chemin des études sur Clermont-Ferrand, DEUST Banques puis Licence Pro Banque et Assurance. J’ai rapidement trouvé du travail dans le secteur bancaire sur Clermont-Fd et me suis installé à proximité pendant une durée de 8 ans. J’ai rapidement évolué grâce à un bon relationnel, à une bonne écoute des besoins de mes clients, à un travail personnel et à l’esprit d’équipe.

En dehors de mon travail, je revenais tous les week-ends dans mon village, retrouver ma famille, mes activités associatives, retrouver mes Combrailles qui sont si chères à mon cœur.

Eté 2019, j’apprends que le Maire de Saint-Georges en place depuis 19 ans passe la main et ne souhaite pas se représenter en Mars 2020 ;

A ce moment-là, je me suis posé la question : Et si tu revenais au pays pour redynamiser ton village?

Il ne m’a pas fallu longtemps pour prendre ma décision, prise en accord avec ma conjointe Coralie, conseillère bancaire également.

Pourquoi se lancer en politique alors même que les communes ont de moins en moins de moyens ? Pourquoi alors même que les Maires s'en cessent solliciter ?

“Ne demandes pas ce que ton pays peut faire pour toi, demandes ce que tu peux faire pour ton pays”.

Les raisons sont simples ; Je voulais être acteur du changement pour ne pas subir, porter des projets, les concrétiser, être au service des autres, redonner un sens au mot “politique” en étant transparent vis à vis de la population, proche des habitants, en ayant une réelle démarche de proximité et faire de la démocratie participative ; Le projet, programme a d’ailleurs été élaboré en co-construction avec les habitants.

“Le contact humain est le véhicule essentiel de la démocratie”.

On dit souvent qu’il faut se donner les moyens de ses ambitions, voilà pourquoi j’ai décidé de prendre une disponibilité de droit pour une durée de 6 ans afin d'être au proche de mes concitoyens, disponible et avancer plus vite dans l'intérêt général.

C’est quoi l’engagement républicain pour vous ?


L’engagement républicain tout d’abord repose sur des valeurs et symboles. Liberté, Égalité, Fraternité.

L’engagement républicain c’est aussi avoir une bonne connaissance du passé pour pouvoir affronter l’avenir sereinement. Etre fier du passé, avoir de l’amour pour sa patrie, et de l’ambition pour son pays.

Comment imaginez-vous le Monde d'Après?

Je suis inquiet pour le Monde d’Après, notre pays et le monde va faire face encore plus à une déshumanisation de la société d’une part.

D’autre part, il faut que les politiques en viennent aux actes d’un point de vue écologique, car comme le disait un président dont j’ai beaucoup d’estime “Notre Maison brûle et nous regardons ailleurs”.

Je ne crois pas à l’écologie idéologique, mais je crois à celle du bon sens, une écologie qui respecte les populations et les territoires. Cela passe entre autres par le développement des transports collectifs, le développement des énergies renouvelables..

Au niveau local, je continuerai à défendre la consommation de produits locaux dans nos écoles et pour le portage de repas à domicile. Dans quelques mois, nous allons faire un audit complet de l’ensemble de nos bâtiments communaux afin de limiter la consommation énergétique, en favorisant les énergies renouvelables.

Une ville plus durable.

Ensuite, les hommes et les femmes reviennent petit à petit aux commerces de proximité et à l'importance d'avoir des agriculteurs sur le territoire en allant chercher directement à la ferme ce dont nous avons besoin. L'agriculture intensive a ses limites, je suis plus favorable à une agriculture paysanne qui respecte l'environnement, les bêtes, la nature, et qui offre des produits de grandes qualités.

Malgré cette déshumanisation de la société, Je salue l’ensemble des travailleurs, et ceux qui se sont mobilisés pour aider un proche, un voisin, un inconnu pendant la période de confinement, de crise sanitaire ; les initiatives citoyennes solidaires ont fleuries partout en France et cela a permis à chacun d’entre nous de vivre au mieux la crise sanitaire que nous traversons, merci à eux. J'ai confiance au peuple de France qui a montré sa grande solidarité en période de crise et qui saura être au rendez-vous pour prendre des initiatives pour préparer l'avenir, pour construire " Le Monde d'après ".

Quel message adresser aux élus du territoire national?

Continuons à défendre la décentralisation, le rôle des maires a été essentiel pendant cette crise sanitaire et nous avons prouvé à l'État notre réactivité et notre efficacité.

Il faut pour cela que l'État envoie un message positif et un signal fort auprès de nos collectivités, en nous donnant les moyens nécessaires, financiers pour fonctionner, investir à l'heure où les dotations fondent au soleil…

Je suis favorable à la reconnaissance d'un vrai statut de l'élu notamment du maire qui est de plus en plus sollicité par les habitants, les réunions ont été multipliées par 2 voire 3 avec les intercommunalités et syndicats mixtes, c'est un travail à plein-temps surtout dans les petites villes, villages ruraux.

Conservons de la proximité avec les habitants, n'allons pas encore créer ou développer les intercommunalités car nos concitoyens ne s'y retrouvent plus, ont une méconnaissance des compétences de chaque entité… et sont attachés aux collectivités locales qui incarnent cette proximité.


La rédaction

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