Grand entretien avec Jean-Pierre Triquet

Jean-Pierre Triquet est directeur de la communication pour la Communauté urbaine de Dunkerque.



Pourquoi et comment s'engager dans votre métier ?


Les collectivités locales m’intéressent depuis longtemps. Pendant mes études supérieures et dans mes premières années professionnelles au sein de l’université, j’ai pu travailler les questions de communication publique, de marketing et de développement territorial.

Cet intérêt m’a amené, en 2002, à quitter l’université et à rejoindre La Communauté urbaine de Dunkerque en tant que directeur de la Communication. Au fil du temps, mes champs d’intervention se sont enrichis, élargis : ajout des questions d’éducation au développement durable en 2010, pilotage et suivi de la feuille de route numérique territoriale en 2016.


Mon engagement prend corps de différentes manières en fonction des domaines d’intervention liés à ma fonction. Sur le volet de la communication, je m’inscris dans la perspective décrite par Pierre Zémor, conseiller d’État honoraire et expert en communication. Quel rapport à l’information et à la communication publique, quelle relation entre territoire et citoyen ? Je fonde mon approche sur le porter à connaissance, l’explicitation, l’information, la transparence, l’écoute et l’échange, le respect. C’est la question du sens des choix et actions de la collectivité qui guide ma manière de travailler la communication et la relation aux citoyens et habitants.


En ce qui concerne l’éducation au développement durable, je travaille sur l’évolution des représentations des citoyens, sur les comportements à adopter. Ces évolutions ne doivent être ressenties comme des contraintes, mais comme conséquences de modifications naturelles dans le cours de la vie. L’accompagnement au changement repose sur des choix politiques clairs et stables, du temps et sur le développement d’un rapport gagnant/gagnant avec le citoyen. Avec la mise en place du bus gratuit par Patrice Vergriete, président de la Communauté urbaine de Dunkerque, nous avons pu développer un travail de communication et d’accompagnement qui constitue une belle illustration de ce parti pris et de cette posture de travail.


Autour de la « ville intelligente », c’est la question du sens et de la place de l’action publique qui est première. Aujourd’hui, les collectivités locales sont à la croisée des chemins : quel écosystème numérique pour demain ? Un territoire géré par les GAFA, un territoire régi par les questions de contrôle et de sécurité ?

À Dunkerque, le Président de la Communauté urbaine et les élus nous ont demandé de travailler sur une troisième voie, celle de la ville intelligente et durable. Cela passe par l’élaboration d’une feuille numérique territoriale fondée sur un socle de valeurs et qui réponde aux ambitions suivantes :

- Favoriser la transition numérique de l’économie du territoire et mettre le numérique au service de l’économie circulaire du territoire

- Accompagner les citoyens et éviter que la fracture numérique ne s’installe et ne développe des mécanismes d’exclusion

- Développer la cohésion territoriale et les services publics équitables à l’échelle intercommunale

- Contribuer au développement du lien sociale et à la solidarité entre les habitants.

- Lutter contre le réchauffement climatique

Cela replace la collectivité publique au cœur des enjeux, car dans un tel schéma elle doit jouer pleinement son rôle de tiers de confiance aux yeux des citoyens.


Qu'est-ce que l'engagement républicain pour vous ?


Lorsque l’on est agent de la fonction publique territoriale, l’engagement républicain prend plusieurs sens et dimensions. En premier lieu, c’est pour moi l’adhésion à des valeurs, les valeurs de la République : Liberté, Égalité et Fraternité. Ces valeurs sont inscrites sur les façades de nos mairies et institutions publiques. Elles constituent le socle du vivre ensemble en France.

Ensuite, lorsque l’on travaille dans une intercommunalité, comme c’est mon cas, l’engagement Républicain nécessite de travailler sur des questions telles que celle du bien commun, ou sur ce que peut être un projet de territoire. Au quotidien, j’essaie de garder à l’esprit ce socle de valeurs et d’œuvrer pour renforcer la cohésion territoriale, la solidarité et le vivre ensemble.


Enfin pour moi , l’engagement Républicain pour un salarié d’une collectivité c’est rendre concret les orientations fixées par les élus et faire vivre la démocratie ;


Qu'est-ce qui vous passionne le plus ?


De nombreuses choses me passionnent dans l’exercice de mon métier. La première, c’est le fait de travailler pour un territoire et ses habitants. Ensuite, c’est de pouvoir intervenir sur une variété de sujets, de projets et de dossiers et de contribuer à la construction de l’agglomération d’aujourd’hui et de demain.

Enfin c’est le fait de pouvoir m’enrichir en permanence à travers les rencontres avec les élus, les habitants, les partenaires et les collègues …


Ce journal étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez-vous un message à adresser ?


Je ne pense pas à avoir un message à adresser aux élu(e)s, leur engagement au quotidien pour les territoires et les habitants mérite notre respect et toute notre considération.


Plus qu’un message, c’est une réflexion personnelle que je souhaite livrer à mes collègues des collectivités. En tant qu’agent de la fonction publique territoriale, nous avons la chance de travailler dans des organisations qui fondent leur légitimité sur le bien commun et sur les valeurs de la République. Nous avons la possibilité d’agir et de mesurer rapidement les effets de nos actions.

Chacun à notre niveau et dans nos missions et métiers, nous détenons une part de responsabilité, celle de porter les valeurs du service public territorial, mais aussi d’innover pour le bien des habitants. C’est à ce prix que le service public demeurera légitime aux yeux des citoyens et habitants de nos agglomérations.


La rédaction.

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