Grand entretien avec Jean-Christian Grimaud

Jean-Christian Grimaud est directeur général des services de la ville de Sisteron



Pourquoi et comment s'engager dans votre fonction ?


Je crois que la principale motivation pour embrasser ce genre de fonction, mise à part la passion, c’est le sens du service rendu à la fois à nos administrés avec la considération pour les gens et l’attachement à l’humain, mais aussi pour ce qui nous dépasse et que nous partageons en l’occurrence notre commune, notre territoire, notre pays. C’est cette idée qui m’habite depuis mon plus jeune âge quand je rêvais de m’investir pour la chose publique, la « Res Publica » alors que mes camarades souhaitaient eux devenir de grands joueurs de football… Ce n’est donc pas surprenant pour ceux qui me connaissent que je sois aujourd’hui à la fois à la tête d’une collectivité mais aussi par ailleurs élu d’une autre commune qui m’a vu grandir. D’ailleurs, la préfectorale aurait bien pu aussi être ma voie et ce malgré mon profil atypique.



Qu'est-ce que l'engagement républicain pour vous ?


Je pense que nous ne pouvons dissocier notre idéal républicain de liberté, d’égalité et de fraternité, de ce qui a construit notre pays, notre nation, son histoire, sa culture, sa géographie, les grands personnages qui l’ont façonné. Ce sont à la fois le cadre républicain et ce que l’on appelle le « roman national » qui donnent du corps et de la cohérence au contrat social qui doit unir autour de la république. L’un ne peut aller sans l’autre. Un idéal ou un cadre juridique ne peut s’imposer à tous que si chacun se l’approprie autour d’un message commun et le sentiment partagé d’appartenance.


Qu'est-ce qui vous passionne le plus ?


Je serais tenté de dire un peu honteusement, mon métier auquel je consacre la majeure partie de mon temps. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est le « savoir », le « savoir-faire » et surtout le « faire » et le « faire savoir ». Tout cela par et pour nos concitoyens. J’ai d’autres passions bien sûr qui relèvent de la vie privée et qui m’apportent un équilibre, une respiration, une autre ouverture d’esprit bien utiles pour assumer à la fois la charge de travail qui est la mienne et toutes les contraintes liées aux responsabilités et au stress généré.


Ce Magazine étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez-vous un message à adresser ?


Nous avons une chance folle de pouvoir être utiles au quotidien, de construire un cadre de vie dont on voit et mesure les résultats localement en temps réel et à tous les niveaux. A un moment où notre société est en quête de sens, les élus, les cadres et plus généralement les agents territoriaux apportent des réponses concrètes aux questions que nos concitoyens posent.

Par ailleurs, pour les élu(e)s et cadres qui ne me parlent que de soi-disant efficacité territoriale, de fusion intercommunale à marche forcée en des géants hypertrophiés coûteux et fragiles, je voudrais juste qu’ils entendent la souffrance et le sentiment d’abandon de nos concitoyens, leur besoin de proximité. La commune était considérée comme le socle de la république par ceux qui l’ont fondée et il faut la protéger, la conforter et la reconnaître. Pendant la crise sanitaire, quels ont été et sont encore aujourd’hui les acteurs locaux les plus efficaces aux côtés de nos soignants, si ce n’est les maires ?


La rédaction

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