Grand entretien avec Jérôme Ragenard

Jérôme Ragenard est Maire adjoint à la ville de Bezons.




Pourquoi et comment s'engager dans votre fonction ?

S’engager auprès d’un élu exige non seulement une conscience du service public et de l’intérêt général mais aussi une volonté d’œuvrer pour les territoires et leurs habitants. L’échelon communal, que je connais le mieux, est de loin le plus passionnant tant par sa proximité avec les habitants que par l’agilité du « vaisseau ». En effet, c’est l’échelon qui permet de se projeter dans un temps relativement court, entre 5 et 25 ans en moyenne, et de percevoir rapidement les effets concrets d’une politique publique. On s’engage donc dans cette voie par l’envie de faire changer les choses, de bâtir.



Qu'est-ce que l'engagement républicain pour vous ?

S’engager en politique, c’est vouloir servir l’intérêt général dans un esprit de désintéressement total. L’objectif n’est donc pas tant d’être élu, parce que cela ne peut être une fin en soi, que de s’engager pour les autres. C’est cette notion d’intérêt général qu’il faut remettre en valeur aux yeux de nos concitoyens. Redonner un sens aux valeurs républicaines, faire triompher notre pacte républicain, hélas mis à mal, ne pas se faire dicter ses choix politiques par les réseaux sociaux notamment, tels sont à mon sens les principes fondamentaux de l’engagement républicain. On s’engage en politique non pas pour être célèbre ou aimé, mais pour servir avec toute l’ingratitude que cela peut comprendre parfois. L’engagement républicain, c’est donc avoir conscience d’appartenir à un corpus de valeurs qui nous dépasse et nous transcende individuellement et collectivement. C’est avoir conscience d’appartenir à un tout, qu’on appelle la France dont on n’est qu’un simple maillon.



Qu'est-ce qui vous passionne le plus ?

De loin construire la ville, imaginer le devenir d’un territoire et être au contact des habitants. Se sentir utile quand on a imaginé, piloté et lancé, quand c’est possible, un projet urbain, une politique publique et en percevoir les fruits positifs auprès de la population. Cela donne du sens à l’action.



Ce Magazine étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez-vous un message à adresser ?

Je pense que les élus, dont je fais aussi partie, doivent redevenir des « Grands référents » pour nos concitoyens et ce d’autant plus que nous allons traverser une crise économique et sociale d’une rare violence en même temps qu’une crise de confiance dans nos institutions. Pour ce faire, je pense que les élus doivent reprendre l’initiative face à la technostructure, ne plus se faire déposséder de leur pouvoir d’impulsion et s’inspirer de la figure tutélaire des maires « bâtisseurs » d’après-guerre. Imaginer un devenir pour nos concitoyens et construire des projets de territoire à l’horizon des 25 prochaines années afin de s’affranchir de la périodicité des élections, tels sont les enjeux de nos territoires. L’innovation sera au cœur des défis futurs tout autant que la planification chère à Paul Delouvrier.




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