Grand entretien avec Jérôme Marck

Jérôme Marck est directeur général des services de la ville de Saint-Gilles.


Pourquoi et comment s'engager dans votre fonction ?

L’engagement dans la fonction de DGS et plus globalement dans les métiers territoriaux suppose de porter de l’intérêt aux autres, de vouloir améliorer leur quotidien et plus globalement l’environnement dans lequel nous vivons. Pour ma part je lie cet engagement a la nécessité d’optimiser les ressources mises a disposition par la collectivité à savoir faire avec, ce qui dans le contexte actuel n’est pas une sinécure. Mais cela rend le métier passionnant sous réserve d’être dans un environnement professionnel stimulant et dans une relation d’échange équilibrée avec les élus où ces derniers fixent le cap à charge de la direction générale de le mettre en œuvre.

Enfin, l’intérêt de nos métiers est leur diversité et donc leur richesse. Dans une carrière il est possible d’exercer plusieurs métiers et fonctions, dans différentes collectivités ou structures concourant à l’intérêt général de type SEM, associations, SPL, etc! Bref, les opportunités sont nombreuses sous réserve d’accepter la mobilité !

Dans l’exercice de mes fonctions, je suis très présent, considère que rien n’est acquis et m’attache a toujours inscrire mes démarches dans une recherche de performance, d’amélioration, de nouveauté. Je m’efforce à regarder de coté, différemment ce qui est certes mobilisant mais parfois fatigant voire usant tant pour moi que pour mes equipes notamment pour les collaborateurs présents depuis longtemps dans la même collectivité et surtout sur le même poste et que j’invite a se re-mobiliser compte tenu de leur statut de fonctionnaire et de la sécurité qui en résulte mais autorise du coup les prises d’initiales.


Qu'est ce que l'engagement républicain pour vous ?

L’engagement républicain est in fine à la base nos métiers a savoir appliquer et faire appliquer les règles de la République dans le cadre du bon fonctionnement de la collectivité.

Cela concerne tous les aspects de la vie des collectivités pour moi, tant internes qu’externes.

A titre d’illustration, en interne, mes collaborateurs sont traités équitablement sans distinction de couleurs, de religion, d’âge que ce soit au quotidien ou dans les recrutements. Dans ma collectivité alors qu’il est parfois facile de s’en affranchir nous remplissons les règles en matière de pourcentage de personnes dites handicapées. J’ai une équipe de direction paritaire.

Plus généralement les règles de fonctionnement applicables aux collectivités sont déclinées et appliquées même si parfois leur déploiement est très progressif mais comme rappelé aux cadres, aux élus, notre rôle et notre responsabilité est d’appliquer les prescriptions républicaines. J’ai souhaité et cela a été validé que nos pratiques en matière de marchés publiques soient encadrées par un règlement intérieur qui est un guide et joue le role de garde fou.

Sur les aspects que je qualifie d’externes, les politiques publiques doivent être déclinées, dans leur diversité (culture, sécurité, social, economie, aménagement , etc). Il est facile voire légitime au regard de leur élection pour nos élus de ne pas souhaiter déployer certaines politiques parce que non intégrées dans leur engagement de mandat. Mais le role d’un DGS et de ses équipes d’encadrement est d’être les conseillers, voire le poil a gratter qui vient interroger et éclairer la nécessité de la diversité des politiques publiques a déployer dans une démarche de développement territorial et d’inclusion. A contrario, le rôle et la responsabilité des élus est de fixer le curseur de déclinaison pour ces politiques publiques.

Qu'est ce qui vous passionne le plus ?


Sans parler de passion pour mon métier mais d’engagement, d’intérêt, je dirais que le plus mobilisant est la diversité des facettes de cette fonction de DGS où je me retrouve au cœur de beaucoup de décisions, d’actions, de projets et de réussites. Et puis suite aux dernières élections municipales, le plus gratifiant de cette fonction est de voir que la stratégie déployée pendant tout le mandat précédent a été sanctionné par la réélection du Maire pour 6 ans. Il y a sur cet aspect un coté jubilatoire !

Dans mon métier j’apprécie :

  • les aspects de gestion où l’amélioration des indicateurs traduit la performance de nos actions collectives,

  • le management et notamment la transformation des organisations et plus particulièrement l’ajustement des situations bloquées, compliquées depuis longtemps

  • la stratégie a deployer dès le debut du mandat en lien avec les élus pour decliner le projet de mandat. Il s’agit par exemple d’établir le plan pluri annuel d’investissement, la stratégie financière et fiscale qui permet sa realisation, l’organisation des ressources, l’ordonnancement a long terme des projets et actions. C’est un travail de court, moyen et long terme qui n’est pas figé

  • la relation avec les élus et partenaires. Elle doit être bonne, sincère, franche pour réussir ensemble. Le nerf de la guerre reste les moyens financiers à détenir notamment pour les territoires pauvres comme le mien et sans stratégie de long terme, sans portage politique et administratif auprès des partenaires point de ressources ou tellement peu et donc un risque d’échec avéré.

  • Les réalisations qui symbolisent l’aboutissement du travail engagé et des énergies mobilisées

Plus generalement ce métier doit être conçu comme celui qui permet de trouver des solutions pour mettre en œuvre le projet de mandat et régler les problèmes.


Ce journal étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez vous un message à adresser ?


Engagez vous ! prenez des initiatives, sortez des sentiers battus, un mandat passe vite et avec la situation sanitaire inédite que nous vivons et la raréfaction des ressources qui va l’accompagner, les plus prompts a établir leur stratégie, a nouer des partenariats, en seront récompensés. En décembre, …………….. il sera bien tard !

J’ajoute que la complexité de l’environnement, le foisonnement des textes, la raréfaction des ressources rend compliqué l’action publique. L’écoute des territoires par le législateur doit être réelle pour que les mesures édictées soient opérantes. A mon niveau, la période actuelle qui a renforcé nos échanges avec l’Etat a été plutôt efficace, nous a rapproché.

BIO Expresse :

Au travail depuis plus de 20 ans, je m’attache a changer de fonction, de travail tous les 3/6 ans pour me reinventer !

Qqs dates :

  • 1999 : Mon 1er poste a la ville de Montbeliard (25) en tant que directeur adjoint jeunesse, affaires scolaires et sportives. Les affaires scolaires, une fonction formatrice et structurante pour la suite de ma carrière

  • 2001 : Chef de la mission sports au CD de la Charente. Quelle opportunité d’avoir pu travailler avec un encadrement brillantissime qui tire vers le haut.

  • 2004 : L’agglo de Béziers : membre de l’équipe de direction, j’ai fait partie des ers recruté et donc participé a la structuration de cette agglo : directeur des grands projets puis des ressources administratives. 10 ans exceptionnels, mes plus beaux projets (médiathèque et transferts de compétences)

  • 2014 : mon 1er poste de DG a ST Gilles (30), 6 ans de transformations de la ville en interne et surtout en externe après 30 ans d’immobilisme.

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