Grand Entretien avec Gwenaël CRAHES

Gwenaël Crahes est maire de ville de La Grigonnais.

crédit photo: Jérome Rétif

1) Pourquoi et comment s'engager en tant que Maire?


Le fait de me présenter en 2020, n’était pas une chose calculée.

Cela résulte du souhait de ma prédécesseur de ne pas vouloir reconduire un second mandat de maire, et de sa proposition à ce que je sois tête de liste pour la prochaine équipe - aucun des adjoints ne souhaitant se positionner tête de liste.

Père de 4 enfants en bas âge, une réflexion s’est imposée au sein de ma famille avant de valider mon choix. Mes compétences professionnelles de chef de projet ne sont qu’un plus pour cette fonction qui s’annonçait.

Mon souhait d’engagement est en quelque sorte marqué dans mes gênes. J’ai vu cette proposition comme une opportunité de pouvoir mettre mon emprunte / notre emprunte, de pouvoir changer les choses tout en étant dans la lignée de ce que nous avions travaillé sur le mandat 2014 – 2020.

Il n’est pas forcément toujours aisé d’être à la fois actif et maire. Le plus compliqué est de trouver le juste milieu entre l’investissement familial, institutionnel et professionnel.


2) Qu'est-ce que l'engagement républicain pour vous ?


L’engagement républicain correspond à une adhésion à des valeurs, à des symboles. Il repose sur un projet commun et un destin collectif. C’est dans ce sens que nous avons co construit notre programme pour les municipales avec nos colistiers.

Ce dernier repose sur la démocratie citoyenne, le bien vivre ensemble, le redynamisme du cœur de bourg, et bien sûr l’environnement.

Nous souhaitons impliquer nos habitants, c’est pourquoi le pan démocratie citoyenne, nous réfléchissons à différents axes comme :

  • l’organisation d’un rendez-vous pour les nouveaux habitants,

  • la mise en place de comités consultatifs,

  • la mise en place d’instants d’échanges avec les habitants pour partager leurs éventuelles peines, et communiquer sur les actions municipales,


Située au carrefour de grandes villes (Nantes, Rennes, Chateaubriant, Saint Nazaire), notre commune, comme d’autres, peut être considérée comme étant une citée dortoire. Afin de pallier cette image, il nous faut redynamiser notre commune. Et cela implique de travailler sur :

  • la qualité de vie en proposant de nouveaux espaces de détentes, de nouveaux poumons verts, repenser nos espaces de jeux pour les enfants. Outre le fait de proposer un cadre de vie agréable ; ces suggestions ont aussi pour objectif de créer des endroits plus propices à l’échanges entre générations, et où le bien vivre ensemble est le maître mot.

  • la mise en place de nouveaux commerces et services. Dans la presse, nous entendons souvent parler de désertification rurale, de fermeture des commerces. Nous souhaitons œuvrer pour que le cœur de bourg soit plus dynamique économiquement parlant. Un marché local et bio est en train de se dessiner et devrait démarrer courant septembre / octobre.


Sur l’aspect environnemental, je félicite les prises d’arrêtés de M Favry contre le gaucho, de Mme Jamin contre les produits néonicotinoïdes, produits phytopharmaceutiques qui déciment nos pollinisateurs, et qui mettent à mal notre Terre. A travers la crise climatique et environnementale annoncée, nous nous devons d’accentuer notre démarche éco responsable déjà en place depuis quelques mandats. Nous ne pouvons rester sans rien faire. Pour nous, pour nos enfants, ceci ne peut pas être une option. Mais le développement durable ne doit pas se faire au détriment de notre santé. C’est pourquoi, il nous faut être vigilant aux projets dit durables qui peuvent voir le jour autour de nous. Les dérives de certains sur nos terres, ou les impacts sur notre santé pour d’autres, ne peuvent être acceptables.


3) Qu'est-ce qui vous passionne le plus ?


Là où certains pourrait être rebuté à postuler au poste de Maire, du fait du temps que cela implique, ou de leur vision d’un poste ingrat, ou bien encore des agressions que nous avons eu echo ces derniers mois dans les médias ; pour moi, être Maire, est le plus beau mandat. C’est le mandat de la proximité, du contact, de l’action concrète, des réalisations qui se voient et qui se touchent.

Au moment où le discrédit touche l’ensemble de la classe politique, les Français restent très attachés à la relation personnelle avec le maire.

Pour ma part, je ne suis pas étiquetée. Mon implication dans tel ou tel parti n’est pas un souhait. L’intérêt de nos « petites » communes, c’est que nous ne sommes pas dans de la politique politicienne, mais dans de la politique de projets. Maintenant, comme la plupart, nous avons des sensibilités qui nous animent, et ce sont celles-ci qui accompagnerons nos projets. Et c’est dans l’intérêt collectif que nous travaillerons.


4) Ce journal étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez vous un message à adresser ?


Tout à l’heure j’évoquais le désintérêt envers la classe politique. Ajoutons à cela le poids des responsabilités, du transfert de compétences aux intercommunalités, de la difficulté à respecter la parité hommes-femmes… ; les raisons de cette crise de l’engagement sont multiples.

Sur ma commune, les administrés n’ont pas eu le choix le jour du scrutin. Une seule liste a été présentée. Qu’il n’y ait qu’une seule liste peut sembler appréciable, mais la démocratie, c’est pouvoir faire un choix, et là nous n’y sommes pas. Cette situation, je la regrette. Mais nous ne sommes pas les seuls dans ce cas.

A l’échelle du département, ce sont plus d’un tiers des communes comptant plus de 1.000 habitants qui n’ont présenté qu’une seule candidature. Certains maires se sont même sentis obligés de rempiler pour un tour car personne ne souhaitait se présenter – au risque d’être mis sous tutelle de la préfecture, et de viser à terme une fusion avec une autre commune voisine.

En dehors de tout clivage politique, il nous faut réfléchir à comment mieux impliquer nos administrés


Bio expresse


Soucieux de fonder une famille loin des grandes villes, je suis arrivé, avec ma femme et mon fils, à La Grigonnais en 2009. Investi dans la vie associative depuis plus de 20 ans, j’ai pu commencer à m’impliquer sur ma commune via l’association des parents d’élèves puis dans le SEL (système d’échange local) de la commune (co-référent depuis 2012).

En 2013, la maire de la commune m’a sollicitée pour intégrer sa liste pour les élections municipales de 2014.