Grand Entretien avec Daniel Cornalba

Daniel Cornalba est Maire de la ville de L’Etang-La-Ville.

Daniel Cornalba Maire de la ville de L’Etang-La-Ville

Pourquoi devenir Maire ?


Etre utile aujourd’hui, à mon sens, c’est agir là où l’on est, au plus proche des citoyens et des territoires. Je suis impliqué de longue date dans le monde associatif en matière d’Europe, de solidarité, d’environnement. Mais le rôle d’élu, et singulièrement celui de Maire, reste incontestablement le plus concret. Les résultats de votre action y sont palpables et le contact avec les citoyens permanents.

A une époque où les élus sont parfois contestés, bousculés et alors que les défis sont immenses, de la crise sanitaire -et les bouleversements économiques et sociaux qu’elle renforce- au dérèglement climatique, dont les impacts sont déjà apparents localement, j’ai fait le choix de m’engager pour la ville où j’ai grandi pour y apporter mon énergie, mon dynamisme, aux côtés d’une équipe dont je suis fier de par la variété de ses compétences.


Quelle a été votre 1ère décision en tant que Maire ?


J’ai d’abord souhaité reconnaître l’action remarquable des agents de la commune qui avaient été mobilisés lors de la crise de la Covid-19, en attribuant, comme le permet la loi, une prime exceptionnelle à tous ceux qui, par leur disponibilité et leur engagement, ont contribué à lutter efficacement pour le bien de nos concitoyens.

Au-delà, il a fallu dès notre élection répondre aux urgences liées à l’arrivée de 10% de population supplémentaire à l’automne 2020 : aménager l’école, prévoir de nouveaux cheminements piétons vers le centre-ville pour limiter la saturation du stationnement, sécuriser certains carrefours, mener certaines opérations d’assainissements ou de voiries devenues prioritaires.

Après avoir rencontré tout au long de l’été un grand nombre de Maires voisins, nos parlementaires, les conseillers départementaux, le commissaire de police divisionnaire, des parents d’élèves, la rentrée sera également riche en rencontres : associations, commerçants, professions médicales... C’est avec l’ensemble des acteurs du territoire que se construira la mandature, j’en suis convaincu.


Qu'est-ce qui vous passionne le plus ?


Les gens. Les rencontrer, les écouter, échanger avec eux, répondre à la fois aux enjeux les plus concrets qui soient -le Maire est, de fait, souvent la porte d’entrée la plus proche et la plus accessible-, mais aussi penser avec eux l’avenir de la commune. Être Maire, c’est être à la fois biologiste et astrophysicien : il faut s’intéresser à l’infiniment petit comme à l’infiniment grand.

Consacrer du temps aux habitants de sa commune n’est jamais du temps perdu, on y rencontre tous les acteurs de la ville, les jeunes parents qui s’installent comme les Stagnovillois plus anciens, on y ressent les aspirations, les craintes ou les lassitudes aussi. Bref, c’est de là que naît un projet de territoire : de rencontres en rencontres, on voit émerger ce que peut être l’intérêt commun.


Quelle est la priorité de votre mandature ?


Dès le lendemain de mon élection, j’ai souhaité obtenir la délégation « Nature en Ville et Préservation des Forêts » au sein de la Communauté d’Agglomération Saint Germain Boucles de Seine.

Composé de 2/3 de forêt, parcouru de ruisseaux et de nombreux îlots arborés, le territoire de ma commune se situe entre ville et forêt. A la bordure du Grand Paris et à la frontière des communes voisines plus rurales. Cette identité est notre chance et notre force : pour penser des politiques publiques respectueuses de la biodiversité et du poumon vert que sont nos forêts domaniales, pour promouvoir un urbanisme vert, limitant l’artificialisation des sols, prévenant les îlots de chaleur et les inondations, pour développer une alimentation durable en nous appuyant sur la ceinture maraîchère francilienne, ou encore pour renforcer les mobilités douces en étendant les liaisons cyclables et pédestres sur tout le territoire.

Ces enjeux sont transverses et doivent aller de pair avec un développement économique donnant toute sa place à l’économie circulaire, au tourisme vert, au développement d’activités locales réduisant les mobilités « pendulaires », à la rénovation des bâtiments, ainsi qu’au renforcement des transports en commun.


Après la crise de la Covid-19 et dans l’attente d’une éventuelle 2ème vague, quelle place donnez-vous à la santé et aux solidarités ?


L’importance de l’échelon de proximité qu’est la commune est devenue comme une évidence en ces temps de crise sanitaire. En lien avec nos médecins généralistes, nous allons installer un Conseil de Santé pour répondre aux inquiétudes, accompagner les différents acteurs du territoire et agir de façon réactive aux évolutions du virus dans les semaines à venir.

Au-delà, il nous faut renforcer les prérogatives du CCAS, non pas en nous substituant aux acteurs sociaux préexistants, mais en nous faisant un relais de leur action par l’accompagnement des citoyens qui nous interpellent et de tous les publics isolés. Le CCAS sera ainsi amené à établir un diagnostic des besoins sociaux de la commune dès la 1ere année, pour réduire l’isolement de nos aînés et adapter la commune au rajeunissement de la population.

Mais la solidarité, c’est aussi donner vie au village, au cœur de ville. Nous voulons animer la commune tout au long de l’année, en envisageant des activités invitant les habitants à se réapproprier leur centre-ville : marché de noël, fêtes de la nature, de la musique, cinéma en plein air à l’été…

Et parce que j’ai conscience des contraintes financières, j’ai souhaité avec mes homologues de communes voisines pouvoir porter des projets en commun, afin de mutualiser les dépenses autour de manifestations sportives et culturelles en lien avec notre patrimoine historique et naturel. L’intercommunalité est en cela un levier essentiel pour imaginer des projets à forte valeur ajoutée, sans accroître excessivement nos dépenses.


Ce journal étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez-vous un message à adresser ?


Les collectivités territoriales en général, et la commune singulièrement, sont le lieu de l’engagement concret : périscolaire, écoles, équipements, état civil, urbanisme et permis de construire, accompagnement des seniors, soutien aux commerces, développement de mobilités nouvelles, entretien des espaces verts… Chaque étape de la vie et quasi chaque parcelle de la ville font l’objet d’une action municipale.

Les élus et agents territoriaux rappellent chaque instant par leur engagement, le caractère incontournable et décisif du service public local. Si le rôle des collectivités et de ses agents est trop souvent méconnu, il n’en reste pas moins un échelon indispensable de notre République, qui gagnerait tant à lui donner la respiration nécessaire à la réalisation de ses missions si essentielles et si proches des citoyens.


Daniel CORNALBA en quelques dates :


- 1992 : naissance à Saint-Cyr-l’Ecole (Yvelines), de père français, de mère allemande

- 2007 : engagement chez les Jeunes Européens-France et au Mouvement européen-France, dont il est actuellement membre du Bureau National

- 2010-2015 : études de sociologie politique et relations internationales sur le campus franco-allemand de Sciences Po Paris et de la Freie Universität de Berlin, et Master d’affaires publiques à l’IEP de Paris

- 2014 : élection en tant que conseiller municipal de l’Etang-la-Ville

- depuis 2016 : admis en tant que cadre de la fonction publique à la Ville de Paris, aux finances, puis à la Délégation Générale aux Relations Internationales

- 2020 : élection en tant que Maire de l’Etang-la-Ville, conseiller communautaire délégué à la Nature en Ville et à la Préservation des Forêts, président de Syndicat Intercommunal en matière de transport



La rédaction