Grand Entretien avec Benoit Charbonnier

Benoit Charbonnier est directeur général des services de la ville de Le Crès.


Pourquoi et comment vous êtes-vous engagé dans votre métier/fonction ?


Après avoir débuté ma carrière dans la Fonction publique d’État, j’ai finalement opté pour la Territoriale et ce pour plusieurs raisons. C’était d’abord l’assurance de choisir mon lieu d’affectation, chose importante pour tout sudiste qui se respecte ! Autre facteur de motivation, les postes et missions proposés étaient aussi très variés (Finances, Urbanisme, RH etc…). Enfin, les différentes strates administratives laissent la possibilité à chacun d’évoluer dans des environnements très différents ce qui, au final, contribue à donner à qui s’en donne les moyens des perspectives de carrières diversifiées et intéressantes.


Vous avez toujours travaillé dans des communes. Pour quelle raison ?


L’échelon communal est l’échelon de proximité par excellence. Il offre la possibilité à celui qui s’investit de voir ses projets aboutir. C’est extrêmement important et valorisant. J’ai eu la chance d’avoir dès le début de ma carrière (NDLR : à la Mairie d’Allauch, Bouches-du-Rhône) un excellent mentor. Il me disait souvent : ‘Si tu pars à la Métropole ou dans une grande structure comparable, tu ne seras qu’un numéro’…Sur certains aspects, il faut bien avouer qu’il n’avait pas tort !



Qu'est-ce que l'engagement républicain pour vous ?


Servir l’intérêt général envers et contre tout. On dit souvent qu’un DGS coûte cher. Je réponds généralement qu’à l’inverse, ne pas avoir peut aussi coûter très cher…Les DGS ont parfois un rôle ingrat dans le sens où il faut parfois dire aux élus (et parfois aux agents) ce qu’ils ne veulent pas entendre. Mais lorsque chacun est disposé au dialogue, les choses se passent généralement bien.


Qu'est-ce qui vous passionne le plus ?


Énormément de choses, la grande diversité des sujets abordés au quotidien, la proximité, les relations humaines… Mais au final, ce qui fait le sel de notre métier, ce sont les imprévus. Particulièrement en périodes de crise. C’est précisément lors de ces épisodes (intempéries, crises sanitaires, coupures d’eau, incendies…) que chacun prend conscience de l’importance du service public. C’est lors de ces évènements que certains agents peuvent également se révéler.


Ce journal étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez-vous un message à adresser ?


On dit souvent que les élus n’aiment pas trancher. C’est parfois le cas. Aux plus hésitants, je leur adresserai donc le message suivant : n’ayez pas peur de choisir, au contraire. Mais expliquez-nous vos choix et bien sûr appuyez-vous sur les services pour les justifier.


Quant aux cadres territoriaux et aux collègues DGS en particulier, je leur dirais ceci : rassemblez-vous, regroupez-vous, parlez-vous pour porter la voix des territoires jusqu’à Paris


Bio express/ les dates clés :

  • 1997 : Réussite à l’examen d’entrée à l’IEP d’Aix-en-Provence (diplômé en 2002)

  • 2002 : 1er poste à l’Office des Migrations Internationales (OMI) de Marseille

  • 2005 : Chargé de Missions (Ville d’Allauch, Bouches-du-Rhône)

  • 2006 : Réussite au concours d’Attaché

  • 2009 : DGS Ville de St Loup/Semouse, Haute-Saône

  • 2015 : DGS Ville de Le Crès, Hérault