Grand Entretien : Antoinette GUHLVice-présidente de la Métropole du Grand Paris

1) Pourquoi et comment vous êtes-vous engagée en politique

Parce que j’étais convaincue que la politique devait être une affaire de citoyens et de citoyennes et non de professionnels politiques.

Le déclic s’est produit en Avril 2002, quand pour la première fois en France le Front national est arrivé au second tour. Tout juste maman de mon troisième enfant, j’ai compris que nous avions chacun et chacune notre part de responsabilité dans la vie politique et qu’il ne fallait pas la fuir. Mon engagement écologiste est donc lié au combat contre le racisme et l’extrémisme politique.

Antoinette GUHL

2) Qu'est-ce que l'engagement républicain pour vous ? 

Porter l’écharpe tricolore, pour moi, fille d’immigrés, fut un moment intense d’émotion, un mélange d’honneur et de responsabilité, le sentiment d’avoir à mener une mission au-delà de soi pour l’intérêt général.

L’engagement républicain implique un grand respect des institutions et une exemplarité sans concession dans la gestion des affaires publiques.



3) Qu'est-ce qui vous passionne le plus ? 


Au titre des combats qui m’animent, j’en citerai trois : d’abord, l’écologie et la protection de l’environnement, ensuite la relance économique et la création d’emplois et enfin, l’égalité.


Mon premier combat, bien-sûr, est écologique et concerne la protection de notre environnement. Nul être humain sur la planète ne pourra vivre en paix dans les décennies à venir si nous ne menons pas aujourd’hui fermement la lutte contre le dérèglement climatique, si nous ne changeons pas nos modes de production et de consommation. Ce combat écologiste est donc aussi un combat pour un changement de modèle économique.


Nous sommes la dernière génération à pouvoir agir, nous avons 10 années pour le faire et c’est le combat principal à mener.

Retenons que les premiers à souffrir des effets de la pollution, des dégradations environnementales sont les populations pauvres. Les inégalités environnementales, en ville comme à la campagne se cumulent aux inégalités sociales, c’est une double peine. Le 20e arrondissement où je vis à Paris tient le triste record d’avoir le quartier le plus pollué d’Europe (en bordure du périphérique) qui compte parmi les plus pauvres de Paris.

Écologie et justice sociale sont les deux piliers d’un même engagement.



Ma seconde ambition est celle de la relance de l’emploi, sujet particulièrement important aujourd’hui dans cette période post COVID. Pour avoir grandi dans le Nord Est de la France, une des régions industrielles de la sidérurgie française, j’ai pu constater très tôt les effets du chômage de masse liés à la fermeture des usines et l’incapacité collective à imaginer un autre avenir économique à cette région. Je sais la réalité de vie de celles et ceux, qui en bas de l’échelle sociale, travaillent dur pour faire vivre leur famille. C’est pourquoi je pense que notre rôle de femmes et d’hommes politiques doit être de concilier cette nécessité absolue de création d’activité et d’emplois et la contrainte environnementale indispensable à la survie à long terme de l’humanité.



Enfin mon troisième sujet est celui pour l’égalité : l’égalité entre les femmes et les hommes tout d’abord et plus généralement un combat contre toutes les discriminations pour que chacun, quel que soit son âge, son sexe, sa religion, son orientation amoureuse, sa couleur de peau puisse avoir sa place dans notre société.



4) Ce journal étant destiné aux élu(e)s et cadres territoriaux de France, avez-vous un message à adresser ? 


J’ai eu la chance à la mairie de Paris de travailler avec des services dont le professionnalisme et le dévouement pour l’intérêt général sont exemplaires et j’aimerais les en remercier.

Et si je devais avoir un message à faire passer à toutes et tous, c’est de faire en sorte de chaque action d’élu-e, chaque geste professionnel s’inscrive dans l’immense responsabilité écologique qui est la nôtre.


5) En tant qu’écologiste, êtes-vous optimiste ?


Je constate aujourd’hui avec plaisir que les jeunes s’engagent. Ils et elles sont présent-es dans de nombreuses luttes pour le climat. Je constate également avec bonheur, que beaucoup de jeunes souhaitent travailler dans des entreprises qui ont du sens, qui portent en elles la responsabilité de leur impact social et environnemental.

Cette jeunesse, la génération, sera le changement du monde et je suis très optimiste sur sa capacité à nous inciter à aller dans la bonne direction, à prendre le virage de l’écologie.


La Rédaction