ABYLON : 5 Questions à Frédéric Avila, président de la société

Mis à jour : 30 août 2020


Frédéric Avila -Crédit photo: STUDIOFALOUR

1) Monsieur Avila, avec votre expertise et votre expérience, pouvez vous nous partager votre regard sur les enjeux du numérique ?


Le numérique est un sujet passionnant en cela qu’il ouvre un champ des possibles incroyable et donne aux acteurs des marges de manœuvre inconnues jusque-là. In fine, il sert à la fois le citoyen et la collectivité.

La transformation numérique demande à chacun de se décentrer pour comprendre et traiter les sujets différemment. Je suis convaincu que nous sommes aujourd’hui à un moment-clé dans lequel le service public est amené à s’interroger sur son rôle et sa mission. Des sujets comme la donnée ou l’intelligence artificielle suscitent chez certains des peurs, des rejets a priori, sans que la question de l’usage ne soit posée. D’autres, au contraire, cherchent à comprendre, à tester, à imaginer de nouveaux usages. Dans ce moment de mutations profondes que nous traversons, je crois qu’il ne faut pas être dogmatique. Si des principes directeurs sont nécessaires, il faut surtout tester, échouer et apprendre de nos échecs.

Au-delà de la technologie, c’est la question de l’accompagnement humain qui se pose à la collectivité numérique. Le fonctionnement, l’organisation, les métiers sont repensés. Les agents, services et élus sont confrontés à ces changements profonds et doivent être accompagnés dans ce processus de transformation. Il en va de même pour les citoyens. Une collectivité numérique n’est pas uniquement technologique, elle s’appuie sur les outils numériques pour construire les usages de demain, au service de tous et de chacun.

2) Une mairie qui désire faire un pas dans la numérisation, quel serait votre premier conseil ?

Quel conseil donneriez-vous à une collectivité se lançant dans une transformation numérique ?

Les territoires ne sont pas des blocs monolithiques, ils n’ont pas attendu l’émergence du concept de smart city pour lancer des initiatives numériques qui servent leurs enjeux. En la matière, il me semble qu’il n’y a pas de recette toute faite.

Selon moi, et d’après les expériences que j’ai pu faire, c’est avant tout l’état d’esprit dans lequel sont menés les projets qui importent pour leur réussite. Si l’on veut parler de méthode, je dirais qu’il faut d’abord définir les enjeux du territoire, ses besoins, avoir une vision claire de ses forces et de ses faiblesses. Dans un second temps, les élus et services doivent s’interroger sur les usages : de quoi mes habitants ont-ils besoin ? Les usagers sont-ils satisfaits du service rendu ? Comment l’améliorer ? Enfin, une attitude pragmatique est nécessaire. Sinon, une collectivité peut déployer des solutions dont personne ne se servira concrètement.

Une condition de réussite est la capacité de la collectivité à engager tout son écosystème et les usagers finaux. Cette approche permet de coller au plus près de leurs attentes et de leurs besoins. Il me paraît également important de privilégier des solutions et technologies évolutives pour pouvoir s’adapter rapidement et facilement aux mutations en cours.

3) Comment ABYLON agit concrètement auprès de ses clients ?

Parce que les solutions sont aussi diverses que les territoires, nous offrons aux collectivités territoriales un accompagnement sur-mesure, dans la conception et la mise en place de projets de “territoire intelligent”.

Nous accompagnons les territoires dans la définition et la mise en œuvre de leur stratégie de transformation numérique afin d’améliorer l’expérience digitale des collectivités et des citoyens.

Pour cela, Abylon compte aujourd’hui plus de 30 collaborateurs qui croisent le meilleur de la culture du digital et de l’écosystème local pour construire des solutions concrètes et durables répondant aux spécificités de chaque territoire.

4) Pouvez vous nous citer quelques unes de vos réalisations ?

Depuis deux ans, la Communauté d’agglomération de Rodez a développé une dynamique forte autour de l’innovation et de la ville intelligente, et ce dans le contexte d’une ville de taille moyenne à forte sensibilité péri-rurale. Cette année encore, Monique Bultel-Herment, élue en charge du numérique, et ses services, notamment William Fraysse, le directeur du développement économique, ont organisé le Marathon de l’innovation. Cet événement est dédié aux solutions innovantes pour construire la ville de demain. Dans ce contexte, nous avons co-construit avec des citoyens, des entreprises et des élus, ce que pourrait être le parcours du citoyen en termes de mobilité et de citoyenneté numérique à l’avenir.

5) Ce magazine est destiné aux décideurs politiques de France, avez un message à faire passer ?


Osez ! Le numérique n'est pas un sujet réservé aux Directions des Systèmes d'information, il est l'affaire de tous.


Pratique : abylon.fr